CODETRAS
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CODETRAS

Historique

La présence d’étrangers parmi les travailleurs de l’agriculture méridionale n’est pas un phénomène récent ; la dénonciation des injustices dont ils sont victimes et le soutien apporté à leurs révoltes ont également une longue histoire. Qu’on en juge par les résultats d’une recherche documentaire sommaire :
  daté de novembre 1976, le numéro 177 de « Croissance des jeunes nations » consacre un article aux saisonniers clandestins dans l’agriculture du Vaucluse. Les animateurs de l’ASTI du Vaucluse y évoquent la surexploitation imposée à ces personnes au nom de la survie de l’agriculture provençale. Trente ans plus tard, leurs constats n’ont pas pris une ride ;
  en 1990, La Cimade-Languedoc-Roussillon organisait à Montpellier un colloque sur le « Travail étranger dans l’agriculture méditerranéenne » tandis que quelques associations et syndicats consignaient leurs réflexions et suggestions dans une brochure intitulée « Les travailleurs immigrés clandestins dans l’agriculture des Bouches-du-Rhône ».

Dix ans s’écoulent et, au tournant du siècle, le paysage n’a pas radicalement changé. Toutefois, en février 2000, les émeutes racistes d’El Ejido, au sud de l’Andalousie, contribuent à la prise de conscience de la gravité et de l’ampleur des ravages sociaux engendrés par l’obsession de compétitivité dans l’agriculture productiviste soumise à la concurrence internationale :
  le Forum Civique Européen organise une commission d’enquête internationale qui se rend à El Ejido en avril 2000 ;
  en septembre 2000, à Plan d’Orgon, une journée de travail réunit chercheurs, syndicalistes et travailleurs sociaux sur le thème de « L’intégration des travailleurs immigrés en milieu rural » ;
  en août 2001, au Mas Granier, la LDH-Pays d’Arles et le Forum Civique Européen organisent trois journées d’études sur « L’exploitation de la main d’œuvre étrangère dans l’agriculture intensive en Europe, aujourd’hui et demain ».

Le Collectif de défense des travailleurs étrangers saisonniers dans l’agriculture (CODETRAS) a pris naissance, au début de l’année 2002, dans ce contexte de rencontres et de réflexions croisées. Les femmes et les hommes qui s’y sont retrouvés appartiennent à des organisations diverses où ils agissent avec des statuts variés. Ce qui les a réunis au premier chef était probablement une profonde indignation face au mépris dans lequel ils voyaient tenus les ouvriers agricoles étrangers. Il est en effet particulièrement intolérable que ces travailleurs, dont tout le monde s’accorde à reconnaître qu’ils sont la clé de voûte de l’agriculture « compétitive », soient souvent maltraités par leurs employeurs, floués par les institutions qui devraient les protéger et totalement ignorés par la population rurale qui leur doit sa survie.

Les premières démarches du Collectif ont donc naturellement cherché à rendre visibles ceux que personne ne voulait voir. Ainsi, fin 2002, un « memorandum » a été rédigé et largement diffusé aux organismes et institutions concernées par les problèmes du secteur « fruits et légumes » ainsi qu’à de très nombreux élus locaux et parlementaires de la région PACA. A plusieurs reprises, des communiqués ont été diffusés et des conférences de presse organisées en riposte à des initiatives contestables des pouvoirs publics : renvoi au Maroc d’ouvriers en conflit avec leurs employeurs mais ayant perdu leur droit au séjour en France, rafles de policiers ou gendarmes dans des lieux d’habitat précaires fréquentés par des travailleurs étrangers sur-marginalisés... Intitulé « les omis », un livre noir de l’exploitation des travailleurs étrangers de l’agriculture des Bouches-du- Rhône a été édité à l’été 2005.

Dès le début 2004, le CODETRAS s’est doté d’une charte comprenant trois volets : une analyse de la surexploitation des travailleurs de l’agriculture intensive, un exposé des motifs et revendications du Collectif et, enfin, une présentation de sa stratégie.

Cette dernière comprend trois axes principaux : la poursuite des actions de dénonciation et les témoignages publics ; la contribution au rétablissement de l’état de droit, autant par une implication directe ou indirecte dans la défense juridique des travailleurs étrangers qui en appellent aux tribunaux, que par des interventions auprès des parlementaires pour obtenir des modifications législatives ou réglementaires sur des textes interprétés défavorablement aux travailleurs étrangers saisonniers ; l’organisation ou la participation à des débats sur tous les facteurs fondamentaux du problème : politiques migratoires, industrialisation de l’agriculture, commerce international des produits agricoles...